Si l’on veut en finir avec l’isolement dans lequel se trouve la musique contemporaine et les caricatures qu’on lui associe bien souvent, il nous semble primordial de ne pas laisser la musique « savante » et tout son héritage à ceux qui savent. Il nous faut imaginer d’autres voies que les circuits traditionnels de diffusion de la culture et participer activement au développement de nouveaux publics en jouant la carte de la décentralisation et de la proximité, de l’irrigation sur le territoire, du décloisonnement, de l’interdisciplinarité et de la complémentarité entre les acteurs existants.

C’est pour cette raison que nous avons décidé d’implanter cette résidence à Saoû, commune rurale de 600 habitants située en bordure de Drôme Provençale. Le village, blotti au pied d’un synclinal perché parmi les plus hauts d’Europe, s’ouvre sur une forêt de plus de 2500 hectares abritant une biodiversité exceptionnelle. Malgré son éloignement des grands centres culturels, le village est situé sur un territoire qui fait preuve d’une très grande vitalité créative tout au long de l’année et accueille en été plusieurs importantes manifestations culturelles : les festivals « Futura » et « Crest Jazz Vocal » à Crest, « Musique d’un siècle » à Dieulefit. Le village de Saoû accueille lui-même le festival « Saoû chante Mozart » (seul festival de France consacré à Mozart, créé en 1989), le festival « Lune pleine de Jazz » et la « fête du Picodon » qui réunit chaque année plus de 10000 visiteurs dans les rues du village, le temps d’un week-end.

Nous avons souhaité que la résidence puisse être accueillie au même moment que ces événements majeurs, du 7 au 17 juillet 2021, afin que cette concomitance permette aux publics habituellement présents – qui ne sont pas forcément familiers de la création contemporaine – de se mélanger et de découvrir le travail qui sera proposé ici. A cette fin, nous avons imaginé diverses interventions croisées à destination du public présent pour les manifestations citées plus haut (conférences, ateliers, mini-concerts, etc.), ainsi que la création mondiale d’Orbis, la dernière œuvre d’Arnaud Petit pour harpe électronique augmentée (commande de Jakez Francois, président des Harpes Camac, réalisée en collaboration avec la cellule « Arts Numériques et Immersions Sensorielles » du GIPSA-Lab de Grenoble).

Par ailleurs, au-delà de la restitution publique de ce travail à l’occasion du concert de clôture, les œuvres produites (partitions et enregistrements) seront mises gratuitement à la disposition du grand public, avec l’accord de leurs auteurs.

Enfin, cette manifestation nous donnera l’occasion de proposer tout au long de l’année diverses interventions à destination des habitants du village et du public drômois : en premier lieu auprès des élèves des écoles primaires du regroupement pédagogique intercommunal des communes de Saoû, Soyans et Francillon-sur-Roubion, mais également auprès des étudiants des Conservatoires de Valence-Romans, Montélimar et Pierrelatte, ainsi que des écoles de musique de Crest, Livron/Loriol, Puy Saint-Martin, Grâne et Dieulefit/Bourdeaux.